Résumé de section

  • Consultez ce texte qui propose d'analyser les résultats de la littérature afin d'identifier les déterminants de l'acceptabilité des tablettes par les élèves.

    Que dit la recherche ?

    Perceptions générales des élèves

    Dans l'ensemble, les attitudes des élèves vis-à-vis de l'outil sont très positives, qu'il s'agisse des apprenants issus du primaire, du secondaire ou des étudiants – même si des études comparatives soulignent que les élèves plus jeunes sont souvent plus enthousiastes que les élèves des niveaux supérieurs (e.g. Soffer & Yaron, 2017). Les élèves trouvent généralement les tablettes faciles et agréables à utiliser (e.g. Ciampa, 2014). Ils estiment que leur usage en classe rend l'apprentissage plus facile, plus intéressant et plus agréable (e.g. Soykan, 2015). L'adhésion des élèves semble donc à première vue évidente, du moins lorsque l'on observe les données issues de questionnaires à questions fermées. Néanmoins, les études qui mobilisent des méthodologies plus qualitatives (basées sur des questions ouvertes, des entretiens...) font apparaître davantage de nuances : certes, les élèves sont positifs, mais pas sous toutes les conditions (Mulet, van de Leemput & Amadieu, 2019). De plus, les études plus longitudinales montrent que ces perceptions fluctuent au cours du temps.

    Des résultats à nuancer

    Si les élèves sont généralement très enthousiastes à l'idée d'utiliser des tablettes en classe, des auteurs mettent en garde contre un potentiel effet de nouveauté (Montrieux et al., 2014). En cas d'expériences négatives, les perceptions peuvent se dégrader au fur et à mesure du temps, en particulier les perceptions motivationnelles (e.g. Mulet et al., 2019). Ces expériences négatives peuvent être provoquées par la rencontre de difficultés techniques, en particulier si elles ne sont pas résolues rapidement (Naismith & Corlett, 2006). La compatibilité entre l'outil et les tâches proposées est aussi importante : par exemple, les tâches de rédaction sur tablette sont perçues comme particulièrement difficiles. Dans une étude menée auprès de 403 élèves américains de niveau collège, Ling (2016) constate que moins d'un tiers (31 %) des élèves préfèrent écrire sur tablette plutôt que sur ordinateur ou sur papier. Ce taux tombe à 10 % lorsque les élèves n'ont pas accès à un clavier externe. De plus, bien que les livres scolaires numériques présentent l'avantage d'alléger les cartables, les tâches de lecture prolongées peuvent provoquer un inconfort physique (e.g. Soykan, 2015). Les élèves préfèrent utiliser une tablette individuellement et se la voir attribuer personnellement (Lin, Wong & Shao, 2012) : l'accès régulier à la technologie (notamment hors contexte scolaire) et le fait de pouvoir s'approprier l'outil sont des facteurs d'acceptabilité importants. Enfin, les élèves soulignent que les tablettes doivent être utilisées avec des objectifs pédagogiques clairs (Rossing, Miller, Cecil & Stamper, 2012).

    Si les perceptions motivationnelles liées à l'outil sont susceptibles de se dégrader, qu'en est-il de la motivation à apprendre ? Les études qui évaluent l'impact de la tablette en comparant des situations pédagogiques strictement identiques sont rares et ne permettent pas de conclure qu'un usage régulier de la tablette améliore le plaisir perçu, le sentiment de compétence ou la valeur perçue de l'enseignement (Fabian & MacLean, 2014). Souvent même, les élèves soulignent au contraire les risques de distraction que suppose l'usage de la tablette.

    Extrait de "Perceptions d'acceptabilité des tablettes en classe" (2020) de Julie Mulet, post-doctorante en psychologie cognitive, laboratoire CLLE, Université Toulouse - Jean-Jaurès