Activité 2 - Des profils de lecteurs en difficultés
Résumé de section
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Que dit la recherche ? En tenant compte des deux composantes de la lecture, l'identification de mots écrits (IME) et la compréhension orale, Philipp Aaron de l'Université de l'Indiana (USA) distingue les faibles identifieurs-faibles compreneurs, les faibles identifieurs-bons compreneurs et les bons identifieurs-faibles compreneurs (Aaron et al., 2008).
Pour les processus IME, Charles Perfetti de l'Université de Pittsburg (USA) distingue trois niveaux de représentations lexicales permettant un traitement complet du mot écrit et contribuant à la compréhension :
orthographique, qui porte sur l'ensemble de la séquence de lettres constitutives du mot ;
phonologique, qui correspond aux sons de paroles associées au mot écrit ;
sémantique, qui renvoie au sens porté par le mot (dans un contexte donné).
Par ailleurs, il est clairement admis actuellement que d'autres compétences associées jouent un rôle important en IME : ce sont notamment les habiletés phonologiques et la capacité à utiliser efficacement les correspondances graphèmes-phonèmes pour décoder des mots nouveaux. Ce processus, décrit par David Share de l'Université de Haifa (Israël), constitue une forme d'auto-apprentissage dans la mesure où il contribue au stockage des mots nouveaux lus dans un lexique mental orthographique (Share, 1995).
La compréhension chez les enfants a fait l'objet depuis plus d'une vingtaine d'années de nombreux travaux développés, notamment par Jane Oakhill de l'Université de Sussex (GB) et Kate Cain de l'Université de Lancaster (GB). Elles décrivent deux types de processus :
l'un est de nature explicite, dans la mesure où il renvoie à la capacité à traiter des informations directement disponibles dans le texte (processus littéral) ;
les autres sont de nature implicite, dans la mesure où ils supposent la capacité à relier des informations qui ne sont pas explicitement fournies (processus inférentiels). Deux grands types de processus inférentiels sont nécessaires pour comprendre (Oakhill & Cain, 2007) :
les inférences de cohérence pour relier les informations du texte (ex. : relier un pronom à un nom : traitement anaphorique) ;
les inférences de connaissances (ex. : pour comprendre qu'une scène se joue en bord de mer, ce qui n'est pas précisé dans le texte, le lecteur peut l'inférer en reliant des mots comme plage, jetée et bateau, mots présents dans le texte).
Extrait de "Evaluer la lecture : l'apport de la technologie informatisée" (2016) de Jean Ecalle - Professeur de psychologie cognitive du développement, Université Lumière Lyon 2