Résumé de section

  • L'arrivée des outils numériques dans les classes interroge sur le rôle qu'ils peuvent jouer sur les activités de production écrite. Consultez le texte suivant :

    Que dit la recherche ?

    Concernant l'exécution graphique à proprement parler, à première vue, les contraintes motrices sur clavier semblent limitées comparativement à la rédaction avec un crayon, puisque le scripteur est déchargé de certaines tâches comme gérer l'orientation gauche droite, le sens de rotation,ou encore la tenue du crayon. Certains chercheurs ont d'ailleurs mis en évidence une écriture plus rapide au clavier comparée à l'écriture manuscrite chez des élèves de CM1 à la 5e (Alstad et al., 2015) et de 6e (Pleau & Lavoie, 2016). Cependant l'apprentissage sur clavier constitue tout de même une forme complexe d'apprentissage spatial. Ainsi, l'utilisateur doit partager son attention entre deux espaces de travail, le clavier et l'écran, et doit se représenter mentalement le clavier et la disposition des lettres. De plus, écrire sur un clavier requiert une discrimination visuelle des différentes lettres pour aboutir à une sélection adéquate. Cette démarche demande aux non-initiés un haut niveau d'attention et a donc un fort coût cognitif, ce qui rendrait l'écriture sur le clavier moins efficace qu'à la main (Connelly, Gee & Walsh, 2007). Cette difficulté dans l'utilisation du clavier aurait un impact négatif sur la qualité des textes produits (Connelly et al., 2007).

    Extrait de "Produire un texte avec une tablette tactile à l'école primaire" (2019) de :

    Caroline Beauvais, Maître de conférérences en psychologie du développement, Université Paris 8, laboratoire Paragraphe

    Laetitia Boulc'h, Maître de conférérences en sciences de l'éducation, Université Paris-Descartes, laboratoire EDA